Source : www.20minutes.fr du 30 Juillet 2008 Pas de panique, le krach immobilier en France n’est pas d’actualité. En revanche, la situation est quelque peu bloquée. Si la France traverse indéniablement une crise immobilière, elle demeure différente de celle des Etats-Unis. Alors que le Congrès américain vient d’adopter un vaste de plan de sauvetage de l’immobilier, décryptage de l’état de santé du marché national.
Une crise différente de celle des Etats-Unis
«La crise immobilière des subprimes est dû à l’octroi de crédits à des ménages non solvables. En France, la bulle immobilière est indépendante de ce qu’il se passe aux Etats-Unis», explique Marc Touati, économiste chez Global equities, à 20 minutes.fr. Pour lui, il ne s’agit pas de krach immobilier en France mais «d’un dégonflement de la bulle». Les prix, ces dernières années, ont trop augmenté par rapport à la valeur réelle des biens immobiliers. «On a une moyenne de baisse des prix de l’ordre de 10 à 15% pour les deux années à venir sauf sur Paris Intra-muros», estime-t-il.
Pour Maître Jean-Marie Montazeaud, président de la commission conjoncture de la chambre des notaires de Paris, il ne s’agit pas non plus d’un krach. «Le marché ralentit certes, les prix ont arrêté de monter, mais la demande est toujours supérieure à l’offre», explique-t-il à 20minutes.fr.
Coup de frein sur les programmes neufs
Pourtant, certaines agences immobilières voient rouge. «En ce moment tout le monde s’affole», reconnaît Thierry Amalric, responsable de l’agence immobilière CarPark à Paris. Et de poursuivre: «Je n’ai plus de ventes. Les gens ne vont pas se lancer dans un achat alors qu’ils vont même jusqu’à rendre leur location de parkings par peur de l’avenir. Ils attendent que les prix baissent d’au moins 10%. On sait que ça ne repartira pas avant deux ans.»
Les ventes de programmes neufs qui constituent un baromètre de l’état du marché ont baissé de 27,9% comparés aux chiffres de 2007, selon le site du ministère de l’Equipement. «La demande de logement est au plus bas depuis 1996, la baisse des permis de construire s’effondre, idem pour les mises en chantier», s’inquiète Marc Touati.
«Il demeure une volonté farouche d’acquérir», tempère de son côté Jean-Marie Montazeaud. «Mais les banques ne sont pas toujours au rendez-vous».
Les banques prêtent moins aux primo-accédants
En ligne de mire donc, les banques. Avec le ralentissement économique mondial et la crise des subprimes aux Etats-Unis, elles ont perdu beaucoup d’argent. Et elles ne prêtent plus aussi facilement. «Les employés en CDD ou les primo-accédants ont plus de difficultés à obtenir des emprunts», confirme Jean-Marie Montazeaud. «Car ils ont besoin d’un gros capital de départ. Ils doivent être patients».
Parmi les victimes de cette crise, est aussi concernée une classe modeste qui s’est endettée à taux variable. «Nous sommes en train de vivre une récession. A fortiori, avec la hausse des taux d'intérêts, ces ménages vont voir augmenter leur crédit. Ce qui peut s’avérer très grave», s’inquiète Marc Touati. Selon, lui, le pire reste à venir également pour ceux qui ont spéculé ou qui ont investi dans des biens destinés à la défiscalisation (ex: loi de Robien).
En clair, il ne reste plus qu’à patienter, et se mettre un petit pécule de côté pour investir dans deux ans…
Valérie Zoydo
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