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Immobilier : vers l'affichage de la performance énergétique

Les petites annonces devraient désormais afficher la performance énergétique des biens proposés à la vente ou à la location d'ici à 2012. Pour le moment, il n'y aura pas de sanction en cas de non respect de cette nouvelle contrainte.

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Actualité appartement à rénover

Immobilier : rénover pour économiser
Le 2 Avril 2010

L'énergie la moins chère est celle que l'on ne consomme pas. A l'heure où GDF Suez annonce une hausse de 9,7 % de ses tarifs de gaz, la décision de rénover pour économiser prend tout son sens.     

Alui seul, l'immobilier constitue la cause de 43 % de l'énergie consommée en France et de 22 % des rejets de gaz à effet de serre. Les logements anciens sont les premiers fautifs. Comme la France, avec l'ensemble des pays de l'Union européenne, s'est engagée à diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050, c'est dire s'il est urgent d'agir. Cependant, pour le particulier désireux d'apporter sa contribution à l'effort collectif, à quel montant de facture doit-il s'attendre ? Les professionnels du bâtiment auront tôt fait de refroidir son enthousiasme. Ils estiment à 18.000 euros le budget moyen de rénovation de chaque logement.

Crédits d'impôt à la clé
Depuis le 1er janvier 2005, un crédit d'impôt a été instauré pour les particuliers (propriétaires occupants ou bailleurs privés dès lors qu'il s'agit de la résidence principale du locataire) en cas d'achat de matériaux d'équipement destinés à améliorer les performances énergétiques d'un logement. Il peut s'agir de matériaux d'isolation thermique (parois opaques et vitrées, calorifugeage), d'une chaudière à condensation et à bois ou autre biomasse, d'appareils de régulation et de chauffage, d'équipement de production utilisant une source d'énergie renouvelable (chauffe-eau solaire, pompe à chaleur, raccordement à un réseau de chaleur...) ou encore d'équipements de traitement ou de récupération des eaux pluviales. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) bénéficie aussi, depuis 2009, du crédit d'impôt, à condition qu'il n'ait pas été imposé par la législation (cas de vente ou de location par exemple). Le crédit d'impôt varie selon le type de travaux. Il oscille entre 25 et 50 % du prix d'achat des équipements, hors main-d'oeuvre (sauf pour l'isolation des parois opaques). Le montant des dépenses ouvrant droit au crédit d'impôt est plafonné à 8.000 euros pour une personne seule et à 16. 000 euros pour un couple marié ou pacsé (soumis à imposition commune). Une somme majorée de 400 euros par personne à charge. Les bailleurs bénéficient, pour leur part, d'un crédit d'impôt équivalent à 8.000 euros maximum par logement (dans la limite de trois logements par an). Rappelons aussi que pour les travaux d'économies d'énergie, il est également possible de bénéficier de l'éco-PTZ. A condition de viser soit un bouquet de travaux, soit la performance énergétique globale du logement. Le prêt peut atteindre 30.000 euros.

Avec de telles sommes en jeu, il s'agit de ne pas se tromper ! A priori, la rénovation d'un logement n'a rien de complexe. Sauf qu'elle n'est pas toujours à la hauteur des nouveaux enjeux. Loin s'en faut, à écouter Didier Bader, du réseau ThermiConseil. Pour ce spécialiste, " moins d'une rénovation sur dix est jugée satisfaisante du point de vue de l'efficacité énergétique ". A cela, plusieurs raisons. D'abord, les travaux de rénovation se font souvent lot par lot et non à partir d'une analyse globale. Ensuite, les propriétaires se retrouvent fréquemment seuls face à leur projet. Ils ont donc du mal à hiérarchiser les priorités. Seul un bilan énergétique leur apportera la réponse.

En la matière, le diagnostic de performance énergétique (DPE) constitue une première approche. Il permet de connaître soit la quantité d'énergie effectivement consommée en se basant sur les factures, soit la consommation d'énergie estimée pour une utilisation standardisée du logement. Obligatoire en matière de vente ou de location, ce document propose des recommandations pour économiser l'énergie.

" Pour autant, relativise Marc Ducourneau, directeur général de l'Agence Qualité Construction, ce document n'apporte qu'une photographie à un moment donné mais il ne constitue pas un bilan, à la différence du diagnostic pratiqué par un thermicien qui, lui, a une obligation de résultat. Cependant, le gros inconvénient de son étude réside dans son prix : de 700 à 900 euros. Mais, pour cette somme, l'étude demeure valable pendant toute la durée de vie du logement. "
1. Commencer par isoler...

Changer de chaudière, c'est bien. Surtout si elle est ancienne. Les nouvelles offrent des performances bien meilleures. Mais, avant de remiser la vieille, l'isolation est un préalable. Calfeutrer le toit, les murs, les ouvertures... apparaît comme une évidence, sachant qu'une maison d'avant 1975 non isolée laisse échapper de 25 à 30 % de chaleur par le toit, presque autant pour les murs et de 10 à 15 % par les fenêtres. La réglementation thermique, en vigueur depuis 2007 pour les logements existants, fixe des exigences minimales pour les matériaux et équipements dès lors qu'il s'agit de travaux d'isolation, de chauffage et de climatisation, d'eau chaude sanitaire, de régulation, de ventilation et d'éclairage. Une réglementation qui s'applique aux toitures, aux planchers bas en béton, aux murs en brique ou en béton. Car il ne faut pas rénover n'importe comment. " Lorsque l'on veut réparer un mur en béton fissuré, par exemple, il est important de faire au préalable un diagnostic pour comprendre la pathologie qui affecte, le cas échéant, les murs, indique Eric Boullenois, directeur technique et marketing chez BASF, il peut y avoir des détériorations dans un mur en béton composé d'armatures en acier (carbonatation, acide...) qui conduisent au gonflement du béton et à l'apparition de fissures. " Si la rénovation consiste à colmater la brèche, nul doute que la pathologie dont souffre le mur réapparaîtra.

Bien que complexe, coûteuse et dévoreuse d'espace, l'isolation par l'intérieur est la plus répandue. Des normes sont imposées par la réglementation. Par exemple, des combles ne seront correctement isolés que si l'on utilise 21 cm de ouate de cellulose. Fenêtres et portes-fenêtres sont aussi soumises à une réglementation très stricte.
2. Puis changer la chaudière

Le chauffage et l'eau chaude constituent des postes voraces en énergie (les deux tiers de la consommation d'énergie d'une maison). L'amélioration ou le remplacement d'une chaudière constitue bien souvent le premier geste " vert " des consommateurs. D'autant que cet équipement reste d'un coût accessible comparé aux travaux d'isolation. Reste à définir quelle chaudière installer ? Au gaz, comme au fioul ou au bois, le principe d'une chaudière domestique est de faire chauffer de l'eau pour alimenter un circuit menant à des radiateurs. Et, aujourd'hui, les nouveaux corps de chauffe associés à des brûleurs performants restituent pratiquement la totalité du pouvoir calorifique du combustible. Rien à voir avec les chaudières standards qui offrent de bien piètres résultats. L'Etat a d'ailleurs mis en place un crédit d'impôt développement durable pour favoriser l'installation de chaudières très performantes (voir encadré).

Contrairement aux chaudières classiques, les chaudières basse température chauffent l'eau à 40 ou 50°  C et non plus à 90°  C comme les standards, et optimisent la chaleur emmagasinée. Il en résulte des économies d'énergie d'environ 10 à 15 % par rapport à un matériel standard récent. Attention : le crédit d'impôt qui existait sur les chaudières basse température a été supprimé à compter du 1er janvier 2009. Les chaudières à condensation y sont en revanche éligibles car plus performantes : de 20 à 30 % de combustible en moins par rapport à une chaudière classique.

Mais pourquoi ne pas songer à une pompe à chaleur ? Là encore, il faut être vigilant sur les caractéristiques de l'équipement. Attention avec le crédit d'impôt. " Il y a des professionnels qui font mal leur travail qui mettent les propriétaires dans l'embarras, le crédit d'impôt n'étant pas autorisé si les normes du matériel ne sont pas conformes à la réglementation ", remarque Marc Ducourneau.

Quant à l'énergie solaire, elle permet d'alimenter un chauffe-eau grâce au solaire thermique ou de produire son électricité avec des panneaux photovoltaïques posés sur le toit, par exemple. Electricité qu'il sera possible d'utiliser pour ses propres besoins ou de revendre à EDF, ce qui est, compte tenu des tarifs de revente de l'électricité actuels, encore très rentable.

La propriétaire d'une maison dans les Deux-Sèvres consommait 259 kWh/m2/an. Sa conversion à l'électricité solaire lui a permis de ramener sa consommation à 78 kWh/m2/an. " C'est une maison ancienne quasiment BBC, résume Didier Bader. La dame a divisé sa facture par deux. Et comme elle a l'intention de revendre sa production d'électricité, son nouveau système de chauffage ne va rien lui coûter. " Et tout cela pour un retour sur investissement assez court, car les travaux de 35.000 euros ont été financés en grande partie par un éco-PTZ de 30.000 euros. Enfin, cerise sur le gâteau, elle peut bénéficier du crédit d'impôt.
COLETTE SABARLY