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Actualité appartement à rénover

Pièges à taux variable

Source : www.Lepoint.fr du 28 Mars 2008

Beaucoup de souscripteurs de ces crédits voient leurs mensualités gonfler. Certains d'entre eux se retournent contre leur banquier.

Lorsqu'il a contracté un prêt à taux variable pour trente ans, ce couple de fonctionnaires ne se doutait pas de ce qui l'attendait. Entre octobre 2006 et octobre 2007, leur taux d'emprunt est passé de 5,09% à 6,71%, tandis que leurs mensualités grimpaient de 1 052 à 1 231 €. Quant à la durée de remboursement, elle a tout bonnement été allongée de cinq ans. Le coût total de leur crédit, au départ de 138 000 €, s'élève finalement à 201 000 €! Et pourtant, selon la lettre qu'ils ont adressée à l'Association française des usagers des banques (Afub), leur banquier leur avait assuré que leurs mensualités «n'augmenteraient pas de plus de 20 € par mois et que la durée du prêt ne serait pas modifiée»...
Comme eux, nombre de ménages sont tombés dans le piège des taux variables. «Nous avons déjà reçu plus de 1 700 dossiers, et nous en réceptionnons encore une dizaine chaque jour», détaille Serge Maître, secrétaire général de l'Afub. Les plus touchés sont ceux qui ont contracté un crédit depuis juin 2005, lorsque les taux courts (Euribor, principalement), sur lesquels sont indexés les taux variables, ont commencé à grimper. Résultat: en deux ans, ces taux ont augmenté de 2,25%, correspondant à une hausse moyenne de 21% du coût d'un crédit. Certains particuliers se sont ainsi trouvés étranglés. A l'image de ce célibataire qui a vu en quelques mois ses mensualités passer de 316 à 553 €, et son taux d'emprunt, de 3,35% à l'origine, s'envoler à 5,95%. Nombre de plaignants pointent un défaut d'explication, mais aussi la complexité du contrat, et la minoration par leur conseiller financier des risques encourus. «Avec les taux variables, les gens paient moins cher parce qu'ils prennent un risque supplémentaire, justifie de son côté un banquier. C'est normal qu'ils en assument la responsabilité.»
Les pouvoirs publics ont décidé de s'en mêler Principal établissement mis en cause: le Crédit foncier, qui représente 60% des cas litigieux. La banque a en effet proposé des crédits à taux variables «non capés». Conçus pour solvabiliser les ménages à petits revenus - moins de deux Smic - ces prêts sont les plus dangereux: contrairement aux crédits capés, leurs taux peuvent varier sans aucune limite. Le Crédit foncier a cependant assuré qu'il accepterait de renégocier les contrats de tous ceux qui se sont retrouvés pris en tenaille. «Cela a effectivement été le cas jusqu'en février, reconnaît l'Afub. Mais, depuis quelques semaines, ils traînent à nouveau les pieds.» Les pouvoirs publics, eux aussi, ont décidé de s'en mêler. En janvier, un amendement à la loi Chatel a été voté qui oblige les banquiers à inclure dans leur offre une simulation des effets de variations de taux en cas de retournement de conjoncture. Le député Frédéric Lefebvre (UMP), chargé d'un rapport sur le sujet, sans remettre en question le principe des taux variables, plaide de son côté pour plus de transparence.
Aujourd'hui, sauf cas particuliers - par exemple, la nécessité de financer un prêt à taux zéro - le recours à ce type de produits ne présente de toute façon plus d'intérêt. Les taux à court terme (4,7%) sont supérieurs à ceux à long terme (4,1%): par ricochet, les taux fixes sont désormais plus bas que les taux variables. De quoi éviter de se poser trop de questions...