Source : www.lejdd.fr du 9 Octobre 2008
Par Gaël VAILLANT
Les chiffres trimestriels de la Fédération nationale des agents immobiliers (Fnaim), rendus publics mardi, sont mauvais. Si les agences parisiennes s'en sortent, le volume des ventes sur le marché français a diminué de 10 à 15%. Une baisse due indirectement à la crise financière, avec une nette augmentation de taux de crédit. Résultat: les agences subissent en réduisant leurs effectifs.
La baisse des prix de l'immobilier français semble infreinable. Les marchés du logement, ancien comme neuf, sont victimes du durcissement des conditions de crédit et de la baisse de solvabilité des ménages. L'annonce de nouveaux chiffres par la Fédération nationale des agents immobiliers (Fnaim) risque d'amplifier cette tendance: sur les neufs premiers mois de 2008, le volume des ventes a diminué de 10 à 15% sur la France. Et la Fnaim anticipe déjà un recul de 15 à 20% sur l'ensemble de l'année, avec un total de 600 000 transactions maximum. Les logements anciens ont particulièrement souffert entre les seuls mois de juillet et septembre, avec une baisse des ventes de 2,9%. Le marché de l'immobilier s'est stabilisé avec un taux de croissance des prix de 0,1% au 3e trimestre. A titre de comparaison, les prix avaient grimpé de 15,5% pour la même période en 2004.
"Nous sommes bien dans une situation de stabilisation des prix à moyen et long terme, même si à très court terme la tendance baissière est très nette et devrait se poursuivre au 4e trimestre", a déclaré le président de la Fnaim, René Pallincourt. Mais les estimations de sa fédération sont plus pessimistes: la France s'oriente vers un net recul des prix, avec des baisses de 2% à 3% en 2008, puis de 7% à 8% en 2009. La hausse des taux de crédit et la frilosité croissante des banques, inquiétées par ailleurs par la crise financière, sont les principales raisons avancées pour expliquer ces chiffres.
L'exception parisienne
Jean-Marie Montazeaud, président de la commission de la conjoncture de la Chambre des Notaires d'Ile-de-France, est moins alarmiste que le diagnostic de la Fnaim: "On n'a pas encore de blocage du marché du fait des conditions de crédit. Il y a des dossiers qui arrivent à passer, mais il faudrait vite résoudre la crise financière", analyse-t-il. Selon lui, l'offre est excédentaire depuis juillet, mais la demande est trop faible. "Autrement dit, il n'y a pas en France de crise immobilière comme au début de la décennie 1990 mais une crise du système financier, qui joue sur le marché (du logement)", a précisé la Chambre des Notaires.
Dans ce contexte, Paris fait figure d'exception. Les prix y sont repartis à la hausse au 3e trimestre (+2,4% pour l'ancien). En rythme annuel, la capitale devrait afficher une croissance de 10,1%. Cette augmentation n'arrive pas à tirer vers le haut le marché francilien, qui affiche également des chiffres négatifs (-14% au 3e trimestre pour l'Ile-de-France). Mais si les prix résistent à Paris, les ventes ont tout de même baissé de 15,5%.
A cause du marché morose, les quelques 22 000 agences immobilières actives en France, dont 13 000 adhérentes à la Fnaim, font le gros dos et réduisent leurs effectifs et leurs coûts fixes en attendant la reprise. "Les fermetures d'agences, on n'en est pas encore là . On est encore dans la phase de licenciements", note René Pallincourt, président de la fédération. Mais l'inquiétude est bien réelle. Comme le précise Henri Buzy-Cazaux, délégué général de la Fnaim, "certaines agences n'ont pas vendu depuis le mois de juin et coupent dans les dépenses."
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