Source : www.lefigaro.fr du 17 Septembre 2008
Plusieurs sites internet permettent de suivre l'évolution des prix des biens immobiliers depuis le jour de leur mise en vente. Certaines baisses donnent le tournis.
Sans surprise, avec le ralentissement de l'immobilier, des biens mis à la vente depuis des semaines ou des mois affichent des ajustements réguliers. Et certains vendeurs deviennent visiblement moins gourmands, d'après les données recensées par certains sites immobiliers. Sur le site lescomparateurs.com, des internautes ont ainsi référencé des baisses de prix spectaculaires via le comparateur «petitscailloux.com» une remise de 100 000 euros par exemple pour un logement entre le 10 septembre 2007 et le 20 juin 2008. Le bien a perdu 28% de sa valeur, passant de plus de 360 000 euros à 260 000 euros. Ou encore cette habitation, relevée par l'internaute fab78, dont les nombreux revirements offrent le spectacle d'une courbe pour le moins erratique. En trois ans, le vendeur a successivement baissé, augmenté, baissé, augmenté son prix, et ce plus d'une dizaine de fois. Un autre internaute aurait bien une explication à ce comportement étrange : «à mon avis, le vendeur est un fana du web. Dès qu'il y a une annonce d'une baisse des prix de 10% au niveau national : paf, il suit le mouvement.»
A la recherche du bien le plus baissier
Avec ces outils, difficile d'arrêter ses recherches : on traque les baisses les plus importantes. Et parfois, on tombe sur des variations de prix étonnantes. A Lyon, une «maison de ville» de 17m2 est passée en deux mois de 98 000 euros à 86 000 euros, soit une baisse de 12.2%. Et ce, malgré une verrière pour profiter du «soleil levant». En Bretagne, près de Saint-Domineuc, un vendeur concède également une belle remise : -33% (de 156 000 à 103 800 euros) après 8 mois sans vendre.
A chaque fois, ces courbes orientées à la baisse donnent le sentiment de reprendre la main sur l'immobilier. «Mon site ne piège pas les vendeurs : si les prix sont vendus au prix du marché, ils partiront sinon, c'est qu'ils sont trop chers, explique le fondateur du site «petitscailloux.com», qui préfère rester dans l'anonymat. Les vendeurs oublient qu'ils ont déjà bien profité de la hausse des prix pour les surévaluer encore. Cela devient incohérent.» Le créateur de ce site récupère chaque mois les annonces sur «seloger.com», mais assure ne pas travailler avec eux. «Au départ, j'ai créé ce site pour moi, afin d'avoir une idée précise du marché lors de mes recherches immobilières. Depuis, quelques personnes en ont entendu parlé.»
10% Ã 15% de baisse
«Les vendeurs ont deux stratégies possibles. Soit ils ne sont pas pressés et mettent leur bien en vente à un prix élevé. C'est un pari risqué : le marché étant baissier, un bien mis en vente à 110 000 euros, qui en vaut seulement 100 000, partira finalement à 90 000 euros…. C'est au propriétaire de ne pas être trop gourmand. A l'inverse, les plus pressés proposent leur bien à un prix raisonnable. Ces produits partent dans un délai de 3 à 6 mois», estime également Philippe Bersoult, directeur de «Lesiteimmo.com». Ce site d'annonces affiche directement l'historique des biens. En moyenne, «Lesiteimmo.com» enregistre des baisses de prix comprises entre 10% et 15% sur l'année. Dans un contexte de crise mondiale qui commence lentement à frapper l'immobilier français, le site «petitscailloux» va innover. «Pour Noël», son concepteur promet une liste de tous les biens invendus… depuis un an. Vendeurs, tremblez !
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